vendredi 13 mai 2011

Se retaper de A à Z son voyage en Amérique du Sud, ça rend nostalgique. Et ça donne le goût de repartir, surtout.

Ça donne le goût de feuilleter pendant des heures le guide de voyage sur l'Argentine qu'on a acheté sur un coup de tête en sachant très bien qu'on ne s'y rendrait pas avant un bon moment. Ça donne envie de regarder le prix des billets d'avion de dernière minute sur Expedia et d'acheter le premier qui semble inspirant, pour partir le lendemain avec 2 paires de bobettes et une brosse à dents. Ça donne envie d'arrêter de faire des hypothèques de 9 à 5 et de vider son compte en banque en oubliant volontairement que l'université recommence en septembre, avec son lot de frais associés.

Dire qu'au même moment, l'été passé, je faisais mes bagages pour l'Équateur, le Pérou et la Bolivie.

Je vais voir si je peux finir de travailler un peu plus tôt. Selon le site de l'université, le début officiel des cours est prévu pour le 1er septembre. Si je réussis à terminer le 1er août, je vais partir pour... l'Espagne, tiens. Ou alors, je vais aller marcher Compostelle. Ou

En même temps, j'ai eu une réunion hier avec la Fondation du Dr. Julien, pour laquelle je vais faire du bénévolat. Je vais faire un test de classement très bientôt en vue des cours d'espagnol dans lesquels je me suis inscrite pour septembre. J'ai fait une liste de trucs dans lesquels je veux m'impliquer à l'université (je vais tenter de me restreindre à deux, si je veux réussir à travailler quelques heures, avoir une vie sociale et exceller scolairement, tout cela en même temps). Ça commence à se placer, un peu.

Mais tout ça, c'est dans le futur, et là, LÀ, il n'en manque pas beaucoup pour que je fiche tout à terre et que je parte en contrée inconnue.

dimanche 8 mai 2011

1.  Faire un voyage d'au moins un mois, dans un pays que je vais avoir méticuleusement choisi.
2. Adopter un mode de vie plus sain (bien sûr, ahah). Ça inclut meilleure bouffe, plus d'activité physique et surtout, avoir beaucoup, beaucoup de fun.
3. Continuer à étudier et à apprendre, même pendant la période où je ne serai pas, officiellement, à l'université.
4. Prendre du temps pour être seule.
5. Être fucking heureuse.



5. J'avais pris 5 résolutions. Pas beaucoup, crime. 5.
Et voilà, en mai, j'en ai respecté très exactement 0. C'était rien de compliqué. Rien d'impossible. Je me suis enfoncée dans ma la routine et on dirait que je m'y suis noyé.


L'année n'est pas finie. On verra.

vendredi 28 janvier 2011

Je veux une job

Maintenant.

Je n'en peux plus, de ne rien faire de mes journées. Je vomis des jeux-vidéo et des épisodes de Dawson's creek. Plus je reste assise à ne rien faire et à être écoeurée, plus c'est dur de sortir de mon écoeurement et de faire quelque chose.

J'ai dû envoyer 100 curriculum vitae, certains pour des postes pour lesquels je suis qualifiée, d'autres pour lesquels je ne le suis pas. On me répète que c'est janvier, que tout est mort, qu'il n'y a pas d'emplois. On dirait que toutes les personnes au monde que je connais se cherchent un travail en même temps que moi.

J'ai même envoyé un beau message pour faire du bénévolat, avec un beau CV rempli d'expériences, mais ça fait 2 semaines et je n'ai pas de nouvelles. On dirait que même les jobs pas payées sont full.

Je m'étais dit : je vais prendre des cours de cuisine, partir en voyage, je vais faire ci, je vais faire ça. Mais crime, pas de job, pas d'argent, pas de beaux projets.

Je m'ennuie. Je suis écoeurée. J'ai hâte à septembre. Les cours en droit vont recommencer.

dimanche 2 janvier 2011

5 livres et 7 maux de ventre plus tard...

Le temps des fêtes à mon sens s'est terminé il y a moins d'une heure. Les virées de famille en famille, les échanges de cadeaux et de microbes, les orgies de vins et de nourriture délicieuse, tout ça vient de prendre fin.

Après l'étourdissement causé par ces overdoses de rencontres familiales, je sens venir, avec un peu d'anxiété quand même, le retour à la réalité. Le mur de la réalité, devrais-je dire.

Je ne suis officiellement plus étudiante cet hiver et, par conséquent, mes parents me coupent les vivres. Il faut que je me trouve un travail au plus vite, mais je n'ai pas envie d'un travail plate. J'aimerais un poste de bureau, de gestion, de projets. Un poste qui va m'apporter un certain défi et un minimum d'effort intellectuel ; sauf que ces postes-là, normalement, ils sont réservés à ceux qui ont un bac. Pas un fichu DEC en Sciences humaines pas de maths.

On dirait que j'ai peur d'être sous-stimulée. D'avoir tellement de temps libre que je ne saurai plus quoi en faire. J'ai peur que mon cerveau se ratatine et mon quotient intellectuel avec.

Je me suis donné une liste de d'activités et de défis dans lesquels m'impliquer, question de ne pas devenir trop légume : faire du bénévolat, prendre des cours de cuisine, apprendre à tricoter, lire un livre par semaine, renouer avec le piano, écrire, m'amuser autant que possible... et partir un mois en voyage.

Évidemment.

Je n'ai pas choisi où, j'ai seulement décidé que j'allais repartir. Je veux examiner tous mes choix et je veux, surtout, que ce soit un voyage à mon image. Je pense à la Pologne, au Panama (encore), à la France, à l'Irlande, à l'Islande, à l'Espagne et bien sûr, bien sûr, à l'Argentine. Je pense aussi à plein d'autres pays, que je garde pour plus tard pour des raisons de sécurité, de finances ou de machisme.

J'essaie d'avoir des projets, au lieu de stagner. J'ai besoin de m'occuper et de me surpasser à quelque part, si ça ne peut pas être scolairement. On dirait que je crains de ne pas savoir me définir autrement qu'en tant qu'étudiante. Je me suis arrachée la partie de ma vie la plus omniprésente dans mon quotidien.

God. J'ai tellement peur que ma session d'hiver en tant que décrocheuse soit plate et vide.

vendredi 31 décembre 2010

Auto-coaching de vie 2011

Je n'ai pas retrouvé mes prévisions 2010. Elles doivent être enfouies dans une boîte chez mes parents, au milieu d'un amoncellement de souvenirs de mon cégep. Dommage. J'aurais quand même aimé faire un retour sur mes prévisions, cette année encore.

M'enfin. Le 31 janvier ne serait pas le dernier jour de l'année si je ne respectais pas mes traditions : 10 prévisions, 10 résolutions.

Donc, en 2011...

Prévisions

1. Je vais continuer à étudier et surtout, à aimer le droit. Même en n'étant pas à l'université cet hiver.

....

Honnêtement, je n'ai rien à rajouter d'autre. Je n'ai aucune, AUCUNE idée de ce que cette année me réserve. Je suis dans le néant total. Que sera, sera, comme on dit. Ce qui est sûr, c'est que j'entends prendre le contrôle de ma vie et en extraire le meilleur de sa substance.

Résolutions

1.  Faire un voyage d'au moins un mois, dans un pays que je vais avoir méticuleusement choisi.
2. Adopter un mode de vie plus sain (bien sûr, ahah). Ça inclut meilleure bouffe, plus d'activité physique et surtout, avoir beaucoup, beaucoup de fun.
3. Continuer à étudier et à apprendre, même pendant la période où je ne serai pas, officiellement, à l'université.
4. Prendre du temps pour être seule.
5. Être fucking heureuse.

 C'est tout. 5, c'est déjà beaucoup. C'est probablement plus que je ne vais en respecter.

Mais ça vaut la peine de se fixer des objectifs, non ?

samedi 18 décembre 2010

Évidemment

Je suis égale à moi-même.

En 3 mois et demi, je m'attache aux lieux, aux gens, à leurs rires et à leurs particularités. Je me fais une tonne d'amis géniaux, qui me font des déclarations d'amour pêle-mêle, abusés par un taux d'alcoolémie élevé.

Des amis pas de tact ;
Avec une cicatrice dans le visage ;
Qui font des jokes plates à n'en plus finir ;
Des amis obsédés par l'étude ou encore pas assez préoccupés par leur futur ;
Des amis qui consacrent leur midi à parler de politique ;
Qui passent des journées entières à la bibliothèque pour s'entraider ;
Et des amis qui s'aiment et qui m'aiment et que j'aime.

Mes boîtes sont faites. Je déménage mes affaires d'ici 30 minutes et moi, je quitte officiellement Ottawa mardi.

Pis fuck, je suis triste.

C'est toujours ça. Je suis toujours contente de revenir. Je suis toujours triste de partir. Même si ça fait juste 3 mois et demi et que c'est ridiculement court, pour s'attacher autant.

mercredi 8 décembre 2010

Les derniers moments dans les lumières

J'ai effectivement fait ma décision de coeur et je suis en train de tout organiser pour mon retour dans cette ville chérie.

J'ai eu mon dernier cours aujourd'hui et j'ai trouvé ça triste, un peu. R. s'est retourné vers moi et il m'a dit : « C'est notre dernier cours ensemble. ». J'ai fait rire A. et elle m'a dit : « Tu es vraiment drôle, tu vas me manquer! ». Ça ne m'a pas donné envie de pleurer, mais ça m'a serré le cœur plus que je le pensais.

En attendant, il y a Noël qui s'en vient. Tantôt, avec des filles de ma résidence, on est sorties dehors en courant, parce qu'on entendait par la fenêtre des chants de Noël. Devant l'un des pavillons de notre université, illuminé par les lumières de Noël, il y avait une chorale. Ils avaient apporté des biscuits. C'était beau. On est restées longtemps, malgré nos oreilles qui gelaient et les montagnes d'études qui nous attendaient.

On a bien beau dire que c'est une fête de capitaliste, mais Noël, moi, ça me rend heureuse.

C'est une fichue belle lumière au bout du tunnel de la fin de session.

jeudi 25 novembre 2010

Flip a coin

Alice dit (18:13) :
Je viens de  m'apercevoir de quelque chose.
J'ai souvent dit à mes amis : Tire à pile ou face et si tu n'es pas content de ce que tu as, tu sais ce qui est le bon choix.
J'ai eu pile au début et je n'étais pas contente, alors j'ai fait un 2 de 3.

Tit-Loup dit (18:14) :
Hahaha...
Et c'était quoi... pile ?

Alice dit (18:14) :
Ottawa, bien sûr.

Je pense que pour une fois, je vais prendre une décision de coeur.

FML

En ce moment, je n'ai plus envie d'être là.

Plus envie d'être à Ottawa. Fucking pas envie.

J'ai eu une crise de larmes, tantôt, sur l'heure du midi, devant tout le monde. Une accumulation de petites choses, puis cet assez gros truc, je trouve, qui me fâche, qui m'indigne.

Je ne peux pas revenir en résidences en janvier, parce que leur contrat, qui dit que je dois faire une demande de résiliation de bail et que JE dois trouver quelqu'un pour me remplacer, veut en fait dire qu'en faisant ma demande de résiliation, ils vont s'occuper de tout sans m'en avertir.

J'ai fait ma demande un mois d'avance, comme ils l'ont demandé, parce que je voulais être dans les délais. Je n'étais pas certaine que je voulais partir, alors j'ai dit à la fille qui voulait ma chambre que j'allais lui dire lui confirmer le plus tôt possible si je partais ou pas.

Hier soir, j'envoie un courriel au Service des logements, leur disant que finalement, je ne veux plus résilier mon bail et que je retire donc ma demande. Eh bien, quelqu'un a déjà signé un contrat, sans que je n'en sache quoi que ce soit. Ma chambre est donc réservée à un autre étudiant pour janvier.

Et moi, je n'ai pas d'endroit pour rester, mais il faut que je me trouve quelque chose au plus criss. J'ai visité un studio hier, mais c'est loin et petit et j'ai envie de me rouler dans une couverture et de fermer les yeux jusqu'à-ce que tout ça disparaisse.

Ma prof préférée est partie, mon nouveau Macbook Pro est une perte totale, Tit-Loup me manque sans cesse, je n'ai plus d'endroit où vivre et FUCK MY LIFE.

Demain, je vous écrirai peut-être un texte sur le positivisme. Ce soir, je me donne entièrement le droit d'être négative, désespérée et pleurnicharde.

mercredi 17 novembre 2010

J'ai fait une belle liste des pour et des contre que j'ai affichée sur mon babillard avec une épinglette rose.

Ce matin, j'étais convaincue que je devais revenir à Montréal, parce qu'une année d'études « perdue », ce n'est rien, au fond.

Cet après-midi, il me semblait évident que je devais rester à Ottawa, parce que 2 ans loin de ceux qu'on aime, ce n'est pas si long, quand on a toute la vie devant soi.

Ce soir, je suis mêlée en sale.

J'ai quand même établi 2 choix clairs, qui permettent d'éviter certains désavantages liés à chaque option.

1. Je m'inscris en janvier à l'UdeM, pour faire le certificat en droit. Comme ça, ces cours devraient être crédités lorsque je ferais ma demande en septembre et donc, techniquement, je n'aurais « perdu » qu'une demi-année.

2. Je reste à l'université d'Ottawa, mais j'abandonne l'option double bac en 4 ans, pour ne garder que mon baccalauréat en Droit, qui, lui, ne prend que 3 ans. Je reviens à Montréal l'été et pour mes stages.

Toutefois, dans les deux cas, je renonce à quelque chose que je ne veux pas perdre. Mes nouveaux amis, ma nouvelle routine, ma si belle faculté. Ou alors : mon copain, ma famille, mes vieux amis et la permanence.


Un gros fuck.

jeudi 4 novembre 2010

Rester ou revenir ?

Depuis quelques temps, en fait, depuis le 1er jour où je suis arrivée à Ottawa pour l'université, je suis en dilemme.

Montréal ou Ottawa ? UdeM ou uO ?

Il faut se remettre dans le contexte. Quand j'ai fait mon choix d'université, en janvier passé, j'étais muée par cette conviction aveugle que je devais partir, pour mon propre bien et celui de tout le monde. C'est ce que j'avais prévu faire de ma vie : partir. Je voulais être diplomate. Je voulais voyager toute ma vie, m'établir sans arrêt dans des endroits différents, le temps d'apprivoiser et d'aimer le pays et hop, on repart aimer quelque part d'autre. Rester à Montréal, c'était, en quelque sorte, développer des attaches qui rendraient le départ plus difficile par la suite.

J'ai choisi Ottawa parce que c'est la capitale de la diplomatie canadienne ;
Parce qu'il s'y donnait un double bac en 4 ans, en Droit, développement international et mondialisation ;
Parce que j'ai été acceptée dans le programme coop ;
Parce que j'ai été sélectionnée pour des bourses assez considérables ;
Parce que je voulais améliorer mon anglais ;

Mais surtout, j'ai choisi Ottawa parce que c'était loin de tout ce et ceux que je connaissais.

J'ai toujours fait passer mes études, ma carrière avant tout le reste ; puis, je suis partie en voyage 3 mois cet été et tout a changé. J'ai appris qu'on ne pouvait vivre seul, en fuyant sans cesse ceux qu'on aime. J'ai appris que ça valait la peine de sacrifier une partie de sa vie professionnelle pour une plus grande part de bonheur. J'ai appris des tas de choses qui m'ont fait regretter d'avoir choisi l'exil dans le fameux Rest of Canada.

Alors, voilà où j'en suis.

À Ottawa, je me suis fait des amis géniaux. Vraiment géniaux. Genre qu'ils sont tellement trop trop hots que ça me rend heureuse de penser que je vais passer mon vendredi après-midi à étudier avec eux. La faculté de droit aussi, est plus que cool. Mes cours sont intéressants. L'an prochain, je devrais mélanger de la politique, de l'histoire et de l'économie à tous ces cours de droit et ça m'enthousiasme vraiment. La ville, est un peu plate, mais bon, j'ai Montréal dans le coeur, que voulez-vous.

À Montréal, il y a Tit-Loup et je trouve dur, en ce moment, de le voir aux 2 semaines, ou même à toutes les semaines. Il y a toutes les personnes géniales que j'ai rencontré au cégep. Il y a ma famille un peu moins loin (à Ottawa, ils sont à 8hrs d'autobus... urrgh). Il y a l'appartement de Tit-Loup dans St-Henri, avec un balcon et le marché Atwater tout près, appartement qui pourrait être le mien aussi, si je le voulais. Il y a Montréal, ses microbrasseries, ses restaurants, son animation. Il y a l'Université de Montréal qui est, selon les articles que j'ai vu, à peu près équivalent à l'Université d'Ottawa en terme de formation en droit (même si beaucoup de mes cours ne seront pas crédités, urgh).

À Montréal, il y a une certaine permanence, surtout. Une certaine facilité. Ne plus voyager sans cesse. Être près ceux que j'aime. Me sentir chez moi.

Il faut que je choisisse, parce que je ne peux pas tout avoir, cette fois, même si j'ai toujours réussi par le passé. Faire un voyage tout l'été et réussir à avoir de l'argent pour l'université. Travailler 30hrs/semaine, avoir une vie sociale occupée et maintenir une cote-r de déesse au cégep quand même. Vivre dans une ville anglophone, mais étudier en français. Les exemples ne manquent pas.

Et là, il faut que je fasse un choix, que je renonce à quelque chose et ça me déchire complètement.

Je ne sais pas quelle décision est la bonne. Je n'en ai aucune fucking idée.

samedi 30 octobre 2010

Ça s'attrape

J'ai toujours été une personne de coup de foudre.

Toutes mes fréquentations ayant commencé avec un intérêt seulement, aussi marqué soit-il, se sont terminées en coup de vent. Inconfort, honte, mépris, name it. Toutes mes émotions s'orientent vers le malaise complet au bout de quelques semaines, si ça semble s'enligner pour aller plus loin, mais que je ne suis pas déjà totalement amoureuse de la personne.

Pour moi, l'amour, ça ne s'apprend pas : ça s'attrape.

Ça me tombe dessus sans crier gare, alors que je connais à peine la personne. Deux, peut-être trois conversations seul à seule. Quelques confidences. Ça passe ou ça casse. Il n'y a pas d'échelle de 1 à 10. C'est tout ou rien.

Habituellement, c'est rien.
Avec Tit-Loup, c'était tout.

On travaillait ensemble depuis quelques mois, mais on n'avait jamais pris le temps de s'arrêter pour parler. Quand on l'a fait, c'était presque immédiatement l'apocalypse. Ça a pris un total de 2 rendez-vous et une bouteille de vin.

Le matin suivant, je suis restée une bonne heure les yeux ouverts dans mon lit, à me dire what the hell. J'étais terrifiée. Au travail, je pouvais à peine le regarder dans les yeux. Je rougissais sans cesse. Je retenais mon souffle. Je me suis demandé comment j'allais faire pour éviter toutes ces émotions beaucoup trop puissantes pour la situation et j'ai sérieusement envisagé démissionner et l'éviter pour le reste de mes jours.

Comme je disais, j'étais terrifiée, littéralement. C'est dur, être en amour, lorsqu'on ne sait pas ce qui nous attend. La connexion était là ; mais si l'amour ne s'apprend pas, il fallait tout de même que je l'apprenne, lui.

Je n'ai pas pris la fuite.

Je suis restée et j'ai rougi, j'ai détourné le regard un peu, je me suis pincée plusieurs fois pour être sûre que tout ça était bien vrai, mais je suis restée.

Aujourd'hui, après près de 2 ans d'amour, je peux le clamer :

God. Ça a valu la peine. Pour le meilleur et pour le pire.

Ça m'a tombé dessus sans que je l'aie demandé, mais je suis restée parce que je le voulais. Et chaque jour, je reste parce que je le veux. Parce que je l'aime.

jeudi 28 octobre 2010

Captain Invincible


Little people - a tiny street art project

Choose two

Je ne suis pas vraiment un exemple de régularité, ces temps-ci, hein.

C'est peut-être parce que le dicton que mon frère m'a révélé hier s'avère représenter tout à fait ma réalité.

Sleep, study, have fun. Choose two.

Il n'y a pas « blog » dans les choix. C'est pour ça.

Décortiquer les souvenirs

Ce soir, j'ai vraiment essayé. Je me suis dit : ça suffit, après presque 3 ans. D'accord, c'est tout pardonné. D'accord, je vois bien que j'ai eu ma part dans tout ça (et que j'ai été une totale bitch, pour dire la vérité). D'accord, je suis passée par-dessus. Mais il est temps que je départage le bien du mal au lieu de tout garder dans une grande enveloppe désorganisée où il est écrit EVIL, comme si j'avais 14 ans, encore.

Alors j'ai sorti la boîte à souvenirs et j'ai pris le petit journal qui était sur le dessus. J'ai lu sa dédicace et j'ai souri. J'ai survolé quelques pages et j'ai ri de ma naïveté, un peu, parce que bon, j'avais 14 ans, hein. Tout ça était très léger et très passionné et très... beau. Oui, j'ai trouvé ça beau, de pouvoir aimer avec autant de fougue à un âge où toute ma vie oscillait entre les extrêmes. J'ai voulu continuer, parce que ça marchait : je me souvenais que ça n'avait pas toujours été ça. Je départageais enfin le mal du bien, la souffrance du bonheur.

Puis, je suis finalement arrivée au bout de notre première romance. C'était en 2005. Et je me suis rappelée des souvenirs souillés.

Comment il avait raconté à tout le monde que notre premier baiser avait été horrible.
Comment la plus grande histoire d'amour de tout les temps (selon ma perception d'adolescente, du moins) s'était terminée sur des futilités comme des concombres, des bananes et Canoë.
Comment, par la suite, il était revenu sporadiquement pour juger ma vie, puis repartir gaiement.

Et comment, d'une seconde à l'autre, j'étais passée d'une merveille à un désastre.

Je m'en suis souvenue et je me suis souvenue de tout le reste. C'était en 2007 et on se retrouvait. J'étais terrifiée. J'avais si peur de me faire avoir, de lui refaire confiance, alors que mon cœur d'adolescente était à peine recollé avec du scotch-tape du Dollarama. Ça avait pris des mois, mais je m'étais finalement ouverte à lui.

Et ça a valu la peine, pour le meilleur et pour le pire. Malgré le mélodrame smuchy smuchy, les larmes, la jalousie. Oui. Parce que malgré tout ça, il y avait aussi les rires, les fins de semaine passées au lit, les yeux verts et la passion.

Alors oui, c'est vrai que les meilleurs souvenirs ont été souillés par la suite. C'est vrai que la balance est dure à faire, parce que même si je me souviens du bonheur, des milliers de facteurs entourent le moment et en font un évènement potentiellement immoral, malsain ou souffrant.

Mais en fin de compte.

J'ai été heureuse, aussi.
J'ai été bien, aussi.

Et je suis prête à croire que même si j'ai un souvenir précis de ce que les choses étaient, ma vision est loin d'être objective. Et que le garçon effrayé qui engloutit cette immense partie de mon adolescence est devenu un homme, tout comme je deviens, je crois, une femme, petit à petit.

On n'était que des enfants. Au nom de quel droit puis-je juger l'homme qu'il est aujourd'hui ?

J'espère qu'il est tout ce qu'il veut être.

jeudi 9 septembre 2010

Émilie

C'était un début de projet à moyen terme il y a un long moment déjà, mais finalement, je pense que je l'aime comme ça, sans action, avec juste des mots et une introduction qui coupe sec. Je l'ai écrit d'un coup, sans le relire avant aujourd'hui et je n'ai rien changé.

Je pense que je le préfère vraiment comme ça, brut.

*******

Sa sacoche est vert fluo. Verte fluo, comme dirait ma mère ; elle a qu'à chercher dans une grammaire pour se rendre compte qu'elle a tout faux. Sauf que c'est ma mère et qu'elle est têtue. Elle vous dira que le nouveau français, il accepte ça, verte fluo. Elle a tort. Et de toute façon, je n'en ai rien à foutre, du nouveau français. Ou de la nouvelle ortographe. Fuck it.

Bref, sa sacoche est vert (et non pas verte) fluo. Et ses talons, ils sont haut comme des échasses. J'aimerais qu'elle tombe en bas et qu'elle se fende la gueule en deux. Comme ça, j'aurais raison de faire dur, avec mes souliers plats ; et elle arrêterait de se promener avec son air fendant (et non pas fendu).

Ses souliers m'agressent, sa voix m'égratigne les oreilles, sa vue me donne envie d'uriner sur les murs. Ce n'est pas compliqué, je ne l'aime pas, cette femme.

Vous me trouvez rude, jalouse, mal élevée et vulgaire, n'est-ce pas?

Ben vous avez raison.

Parce que je suis née dans un appartement miteux (oooh, le beau cliché), avec une mère dépressive (encore là, hein, on connaît la chanson) et un père absent (franchement, ça frôle le ridicule, cette description), je suis devenue une connasse. On a souillé mon âme quand j'étais une môme et aujourd'hui, eh bien... je suis ce qu'on a fait de moi.

La seule chose qui fait de moi quelqu'un, c'est le français. Parce que bon, veut, veut pas, quand ça va mal, il faut se raccrocher à quelque chose. Ça fait que je me suis raccrochée aux synthaxes de phrase. Aux accords du participe passé avec les verbes pronominaux. Aux lettres, aux syllabes, aux mots, aux phrases, aux paragraphes, aux.... bon, vous suivez le refrain. Et j'ai lu. Oh oui. J'ai lu plus que vous tous réunis, je le sais bien.

Et j'ai détesté.

Des gens, pas des livres. Émilie, surtout, parce que même si sa sacoche est vert fluo (et que c'est laid), elle a de grands yeux gris avec des roues de vélo à l'intérieur et que je n'aime pas ça, moi, le vélo. Et elle a une peau blanche comme la porcelaine et la porcelaine, ça se brise vite. Et elle a un nez aquilin et que ça me fait penser à alcalin, comme dans mes cours de chimie. Je déteste la chimie.

Mais surtout, Émilie, elle est incroyablement belle et agréable ; pas moi.

Elle est tout ce que je ne serai jamais.
Elle a tout ce que je n'aurai jamais.

Jamais, jamais.
C'est long, jamais.

lundi 6 septembre 2010

Je crois vraiment que je suis tombée en amour une autre fois.

... de la même personne.

Avec qui je suis en couple depuis 1 an, 7 mois et des miettes.

Ça se peut, ça ?
Parce que j'ai des papillons et des crampes et que je me dis des choses que je m'étais promis de ne plus penser.

samedi 4 septembre 2010

Avant que ça aille bien, faut que je vous dise...

Là, là, maintenant, j'aimerais ça, être ailleurs.

Ailleurs, comme dans le futon-lit d'un appartement de Saint-Henri, avec une (pas deux, pas dix, mais bien une) bière noire et forte dans l'estomac et dans l'haleine, des restes de notre amour sous les couvertures qui flottent dans l'air, à détailler, doucement, tous les détails de sa peau et à me demander, encore, comment c'est possible qu'elle soit aussi douce.

Là, là, maintenant, j'aimerais ça ne pas être à Ottawa.

Je me demande à quoi j'ai pensé.
Je n'ai pas envie d'aller dans les toilettes publiques.
Je n'ai pas envie de me faire de nouveaux amis.
J'ai cassé ma clé pour la cuisine commune dans la serrure.

J'ai envie de fermer les yeux et d'espérer que les 8 mois passent sans que je m'en aperçoive.

C'est la première fois que ça m'arrive, parce que c'est la première fois que je m'attache à un lieu, à des gens, à une vie. C'était la première fois que j'aimais réellement tout ce qui m'entourait, infiniment, jusqu'à en devenir folle de les quitter.

Je me dis que 8 petits mois, ce n'est pas très long, mais en même temps, god, c'est tellement tellement long.

J'ai cette envie folle de revenir, même si je sais bien qu'en fait, ça va bien aller. J'ai cette envie folle de revenir et ça aussi, c'est la première fois. Revenir et non pas partir à l'infini.

samedi 17 juillet 2010

Avec kekun

Dans pas longtemps, Tit-Loup s'en vient.

Le voyage a mal fait et bien fait les choses, en même temps.

Il les a mal faites, parce qu'il m'a éloigné de mon objectif de départ, qui était de... bien partir. Par partir, j'entends partir de Montréal, quitter Tit-Loup, refaire ma vie, encore. Ne pas m'attacher à tous ces beaux moments et tous ces gens fantastiques qui enchantent mes journées.

Il les a bien faites, parce que je me suis rendue compte que ça n'avait pas de bon sens.

Et j'ai réalisé quelque chose d'important, de très important.

Quelque chose qui a changé ma vie.

Je n'ai pas besoin d'être seule.

En fait, j'ai besoin des autres.

Vous l'aviez compris depuis longtemps, vous, n'est-ce pas? Pas moi. Je le combattais, encore et encore, depuis des années. Pour moi, avant, liberté = solitude, et attaches = prison. Attaches de tout genre : familiales, amicales et amoureuses.

Alors voilà, Tit-Loup arrive après-demain, dans la nuit et c'est la fin de mon sevrage amoureux. Il arrive après-demain et on pourra passer tout le mois à faire l'amour, dans une chambre d'hotel au lit grinçant, à 5$ la nuit.

Et après? Après, on verra comment on peut tout concilier, Ottawa, Montréal, l'école, la famille, les amis et l'amour. Mais je n'ai pas besoin d'être seule et je ne serai pas seule.

Si ça se trouve, il n'y a pas réellement de choix à faire... et tous ces éléments peuvent très bien vivre en harmonie.

Je reviens de voyage dans un mois. À bientôt !

samedi 22 mai 2010

Javais ecrit un long message qui expliquait en detail mes etats dame, avec des apostrophes et des accents quil ma pris un temps fou a trouver, mais finalement, il sest efface a cause dun probleme technique et je prends ca pour un signe?

Mais résumons : j'ai tout fait ça parce que j'ai peur, mais maintenant, j'ai encore plus peur qu'avant.

Les accents et les apostrophes viennent de revenir, comme par magie?

Est-ce que c'est un signe, ça aussi ?

J'écris des choses contradictoires dans mon carnet et je ne pleure plus, parce que je ne suis jamais seule et que je veux être forte, même si c'est précisément parce que j'ai voulu être forte que j'ai versé des larmes.

Et non, pas merci. Merci pour quoi? Pour t'avoir abandonné à l'aéroport? Pour t'avoir chicané pour des conneries comme l'ordre des choses dans le frigo, ou pour le cours que tu as manqué à la veille de mon départ? Merci de partir comme ça à Ottawa, alors qu'on s'aime, criss, on s'aime.

Mon prof m'a regardé croche en criss, à l'aéroport, quand je lui ai expliqué pourquoi on n'était plus ensemble.

Pis Guayaquil, c'est beau et étourdissant, alors je m'étourdis et j'essaie de ne pas trop penser.

J'ai l'oeil gauche enflé. Comme s'il y avait une boule dedans.

Et je suis dans un drôle d'état, quelque part entre la frénésie du voyage et la culpabilité, le remord, la tristesse.

Je ne sais pas et je ne sais plus, mais je me convaincs parce que tsé, 20 secondes, il a droit â son 20 secondes.

Voilà. (achète un billet d'avion... et viens me rejoindre :( ).