Depuis quelques temps, en fait, depuis le 1er jour où je suis arrivée à Ottawa pour l'université, je suis en dilemme.
Montréal ou Ottawa ? UdeM ou uO ?
Il faut se remettre dans le contexte. Quand j'ai fait mon choix d'université, en janvier passé, j'étais muée par cette conviction aveugle que je devais partir, pour mon propre bien et celui de tout le monde. C'est ce que j'avais prévu faire de ma vie : partir. Je voulais être diplomate. Je voulais voyager toute ma vie, m'établir sans arrêt dans des endroits différents, le temps d'apprivoiser et d'aimer le pays et hop, on repart aimer quelque part d'autre. Rester à Montréal, c'était, en quelque sorte, développer des attaches qui rendraient le départ plus difficile par la suite.
J'ai choisi Ottawa parce que c'est la capitale de la diplomatie canadienne ;
Parce qu'il s'y donnait un double bac en 4 ans, en Droit, développement international et mondialisation ;
Parce que j'ai été acceptée dans le programme coop ;
Parce que j'ai été sélectionnée pour des bourses assez considérables ;
Parce que je voulais améliorer mon anglais ;
Mais surtout, j'ai choisi Ottawa parce que c'était loin de tout ce et ceux que je connaissais.
J'ai toujours fait passer mes études, ma carrière avant tout le reste ; puis, je suis partie en voyage 3 mois cet été et tout a changé. J'ai appris qu'on ne pouvait vivre seul, en fuyant sans cesse ceux qu'on aime. J'ai appris que ça valait la peine de sacrifier une partie de sa vie professionnelle pour une plus grande part de bonheur. J'ai appris des tas de choses qui m'ont fait regretter d'avoir choisi l'exil dans le fameux Rest of Canada.
Alors, voilà où j'en suis.
À Ottawa, je me suis fait des amis géniaux. Vraiment géniaux. Genre qu'ils sont tellement trop trop hots que ça me rend heureuse de penser que je vais passer mon vendredi après-midi à étudier avec eux. La faculté de droit aussi, est plus que cool. Mes cours sont intéressants. L'an prochain, je devrais mélanger de la politique, de l'histoire et de l'économie à tous ces cours de droit et ça m'enthousiasme vraiment. La ville, est un peu plate, mais bon, j'ai Montréal dans le coeur, que voulez-vous.
À Montréal, il y a Tit-Loup et je trouve dur, en ce moment, de le voir aux 2 semaines, ou même à toutes les semaines. Il y a toutes les personnes géniales que j'ai rencontré au cégep. Il y a ma famille un peu moins loin (à Ottawa, ils sont à 8hrs d'autobus... urrgh). Il y a l'appartement de Tit-Loup dans St-Henri, avec un balcon et le marché Atwater tout près, appartement qui pourrait être le mien aussi, si je le voulais. Il y a Montréal, ses microbrasseries, ses restaurants, son animation. Il y a l'Université de Montréal qui est, selon les articles que j'ai vu, à peu près équivalent à l'Université d'Ottawa en terme de formation en droit (même si beaucoup de mes cours ne seront pas crédités, urgh).
À Montréal, il y a une certaine permanence, surtout. Une certaine facilité. Ne plus voyager sans cesse. Être près ceux que j'aime. Me sentir chez moi.
Il faut que je choisisse, parce que je ne peux pas tout avoir, cette fois, même si j'ai toujours réussi par le passé. Faire un voyage tout l'été et réussir à avoir de l'argent pour l'université. Travailler 30hrs/semaine, avoir une vie sociale occupée et maintenir une cote-r de déesse au cégep quand même. Vivre dans une ville anglophone, mais étudier en français. Les exemples ne manquent pas.
Et là, il faut que je fasse un choix, que je renonce à quelque chose et ça me déchire complètement.
Je ne sais pas quelle décision est la bonne. Je n'en ai aucune fucking idée.
jeudi 4 novembre 2010
samedi 30 octobre 2010
Ça s'attrape
J'ai toujours été une personne de coup de foudre.
Toutes mes fréquentations ayant commencé avec un intérêt seulement, aussi marqué soit-il, se sont terminées en coup de vent. Inconfort, honte, mépris, name it. Toutes mes émotions s'orientent vers le malaise complet au bout de quelques semaines, si ça semble s'enligner pour aller plus loin, mais que je ne suis pas déjà totalement amoureuse de la personne.
Pour moi, l'amour, ça ne s'apprend pas : ça s'attrape.
Ça me tombe dessus sans crier gare, alors que je connais à peine la personne. Deux, peut-être trois conversations seul à seule. Quelques confidences. Ça passe ou ça casse. Il n'y a pas d'échelle de 1 à 10. C'est tout ou rien.
Habituellement, c'est rien.
Avec Tit-Loup, c'était tout.
On travaillait ensemble depuis quelques mois, mais on n'avait jamais pris le temps de s'arrêter pour parler. Quand on l'a fait, c'était presque immédiatement l'apocalypse. Ça a pris un total de 2 rendez-vous et une bouteille de vin.
Le matin suivant, je suis restée une bonne heure les yeux ouverts dans mon lit, à me dire what the hell. J'étais terrifiée. Au travail, je pouvais à peine le regarder dans les yeux. Je rougissais sans cesse. Je retenais mon souffle. Je me suis demandé comment j'allais faire pour éviter toutes ces émotions beaucoup trop puissantes pour la situation et j'ai sérieusement envisagé démissionner et l'éviter pour le reste de mes jours.
Comme je disais, j'étais terrifiée, littéralement. C'est dur, être en amour, lorsqu'on ne sait pas ce qui nous attend. La connexion était là ; mais si l'amour ne s'apprend pas, il fallait tout de même que je l'apprenne, lui.
Je n'ai pas pris la fuite.
Je suis restée et j'ai rougi, j'ai détourné le regard un peu, je me suis pincée plusieurs fois pour être sûre que tout ça était bien vrai, mais je suis restée.
Aujourd'hui, après près de 2 ans d'amour, je peux le clamer :
God. Ça a valu la peine. Pour le meilleur et pour le pire.
Ça m'a tombé dessus sans que je l'aie demandé, mais je suis restée parce que je le voulais. Et chaque jour, je reste parce que je le veux. Parce que je l'aime.
Toutes mes fréquentations ayant commencé avec un intérêt seulement, aussi marqué soit-il, se sont terminées en coup de vent. Inconfort, honte, mépris, name it. Toutes mes émotions s'orientent vers le malaise complet au bout de quelques semaines, si ça semble s'enligner pour aller plus loin, mais que je ne suis pas déjà totalement amoureuse de la personne.
Pour moi, l'amour, ça ne s'apprend pas : ça s'attrape.
Ça me tombe dessus sans crier gare, alors que je connais à peine la personne. Deux, peut-être trois conversations seul à seule. Quelques confidences. Ça passe ou ça casse. Il n'y a pas d'échelle de 1 à 10. C'est tout ou rien.
Habituellement, c'est rien.
Avec Tit-Loup, c'était tout.
On travaillait ensemble depuis quelques mois, mais on n'avait jamais pris le temps de s'arrêter pour parler. Quand on l'a fait, c'était presque immédiatement l'apocalypse. Ça a pris un total de 2 rendez-vous et une bouteille de vin.
Le matin suivant, je suis restée une bonne heure les yeux ouverts dans mon lit, à me dire what the hell. J'étais terrifiée. Au travail, je pouvais à peine le regarder dans les yeux. Je rougissais sans cesse. Je retenais mon souffle. Je me suis demandé comment j'allais faire pour éviter toutes ces émotions beaucoup trop puissantes pour la situation et j'ai sérieusement envisagé démissionner et l'éviter pour le reste de mes jours.
Comme je disais, j'étais terrifiée, littéralement. C'est dur, être en amour, lorsqu'on ne sait pas ce qui nous attend. La connexion était là ; mais si l'amour ne s'apprend pas, il fallait tout de même que je l'apprenne, lui.
Je n'ai pas pris la fuite.
Je suis restée et j'ai rougi, j'ai détourné le regard un peu, je me suis pincée plusieurs fois pour être sûre que tout ça était bien vrai, mais je suis restée.
Aujourd'hui, après près de 2 ans d'amour, je peux le clamer :
God. Ça a valu la peine. Pour le meilleur et pour le pire.
Ça m'a tombé dessus sans que je l'aie demandé, mais je suis restée parce que je le voulais. Et chaque jour, je reste parce que je le veux. Parce que je l'aime.
Catégories :
Amours anciens et actuels et futurs,
Effervescence
jeudi 28 octobre 2010
Choose two
Je ne suis pas vraiment un exemple de régularité, ces temps-ci, hein.
C'est peut-être parce que le dicton que mon frère m'a révélé hier s'avère représenter tout à fait ma réalité.
Sleep, study, have fun. Choose two.
Il n'y a pas « blog » dans les choix. C'est pour ça.
C'est peut-être parce que le dicton que mon frère m'a révélé hier s'avère représenter tout à fait ma réalité.
Sleep, study, have fun. Choose two.
Il n'y a pas « blog » dans les choix. C'est pour ça.
Décortiquer les souvenirs
Ce soir, j'ai vraiment essayé. Je me suis dit : ça suffit, après presque 3 ans. D'accord, c'est tout pardonné. D'accord, je vois bien que j'ai eu ma part dans tout ça (et que j'ai été une totale bitch, pour dire la vérité). D'accord, je suis passée par-dessus. Mais il est temps que je départage le bien du mal au lieu de tout garder dans une grande enveloppe désorganisée où il est écrit EVIL, comme si j'avais 14 ans, encore.
Alors j'ai sorti la boîte à souvenirs et j'ai pris le petit journal qui était sur le dessus. J'ai lu sa dédicace et j'ai souri. J'ai survolé quelques pages et j'ai ri de ma naïveté, un peu, parce que bon, j'avais 14 ans, hein. Tout ça était très léger et très passionné et très... beau. Oui, j'ai trouvé ça beau, de pouvoir aimer avec autant de fougue à un âge où toute ma vie oscillait entre les extrêmes. J'ai voulu continuer, parce que ça marchait : je me souvenais que ça n'avait pas toujours été ça. Je départageais enfin le mal du bien, la souffrance du bonheur.
Puis, je suis finalement arrivée au bout de notre première romance. C'était en 2005. Et je me suis rappelée des souvenirs souillés.
Comment il avait raconté à tout le monde que notre premier baiser avait été horrible.
Comment la plus grande histoire d'amour de tout les temps (selon ma perception d'adolescente, du moins) s'était terminée sur des futilités comme des concombres, des bananes et Canoë.
Comment, par la suite, il était revenu sporadiquement pour juger ma vie, puis repartir gaiement.
Et comment, d'une seconde à l'autre, j'étais passée d'une merveille à un désastre.
Je m'en suis souvenue et je me suis souvenue de tout le reste. C'était en 2007 et on se retrouvait. J'étais terrifiée. J'avais si peur de me faire avoir, de lui refaire confiance, alors que mon cœur d'adolescente était à peine recollé avec du scotch-tape du Dollarama. Ça avait pris des mois, mais je m'étais finalement ouverte à lui.
Et ça a valu la peine, pour le meilleur et pour le pire. Malgré le mélodrame smuchy smuchy, les larmes, la jalousie. Oui. Parce que malgré tout ça, il y avait aussi les rires, les fins de semaine passées au lit, les yeux verts et la passion.
Alors oui, c'est vrai que les meilleurs souvenirs ont été souillés par la suite. C'est vrai que la balance est dure à faire, parce que même si je me souviens du bonheur, des milliers de facteurs entourent le moment et en font un évènement potentiellement immoral, malsain ou souffrant.
Mais en fin de compte.
J'ai été heureuse, aussi.
J'ai été bien, aussi.
Et je suis prête à croire que même si j'ai un souvenir précis de ce que les choses étaient, ma vision est loin d'être objective. Et que le garçon effrayé qui engloutit cette immense partie de mon adolescence est devenu un homme, tout comme je deviens, je crois, une femme, petit à petit.
On n'était que des enfants. Au nom de quel droit puis-je juger l'homme qu'il est aujourd'hui ?
J'espère qu'il est tout ce qu'il veut être.
Alors j'ai sorti la boîte à souvenirs et j'ai pris le petit journal qui était sur le dessus. J'ai lu sa dédicace et j'ai souri. J'ai survolé quelques pages et j'ai ri de ma naïveté, un peu, parce que bon, j'avais 14 ans, hein. Tout ça était très léger et très passionné et très... beau. Oui, j'ai trouvé ça beau, de pouvoir aimer avec autant de fougue à un âge où toute ma vie oscillait entre les extrêmes. J'ai voulu continuer, parce que ça marchait : je me souvenais que ça n'avait pas toujours été ça. Je départageais enfin le mal du bien, la souffrance du bonheur.
Puis, je suis finalement arrivée au bout de notre première romance. C'était en 2005. Et je me suis rappelée des souvenirs souillés.
Comment il avait raconté à tout le monde que notre premier baiser avait été horrible.
Comment la plus grande histoire d'amour de tout les temps (selon ma perception d'adolescente, du moins) s'était terminée sur des futilités comme des concombres, des bananes et Canoë.
Comment, par la suite, il était revenu sporadiquement pour juger ma vie, puis repartir gaiement.
Et comment, d'une seconde à l'autre, j'étais passée d'une merveille à un désastre.
Je m'en suis souvenue et je me suis souvenue de tout le reste. C'était en 2007 et on se retrouvait. J'étais terrifiée. J'avais si peur de me faire avoir, de lui refaire confiance, alors que mon cœur d'adolescente était à peine recollé avec du scotch-tape du Dollarama. Ça avait pris des mois, mais je m'étais finalement ouverte à lui.
Et ça a valu la peine, pour le meilleur et pour le pire. Malgré le mélodrame smuchy smuchy, les larmes, la jalousie. Oui. Parce que malgré tout ça, il y avait aussi les rires, les fins de semaine passées au lit, les yeux verts et la passion.
Alors oui, c'est vrai que les meilleurs souvenirs ont été souillés par la suite. C'est vrai que la balance est dure à faire, parce que même si je me souviens du bonheur, des milliers de facteurs entourent le moment et en font un évènement potentiellement immoral, malsain ou souffrant.
Mais en fin de compte.
J'ai été heureuse, aussi.
J'ai été bien, aussi.
Et je suis prête à croire que même si j'ai un souvenir précis de ce que les choses étaient, ma vision est loin d'être objective. Et que le garçon effrayé qui engloutit cette immense partie de mon adolescence est devenu un homme, tout comme je deviens, je crois, une femme, petit à petit.
On n'était que des enfants. Au nom de quel droit puis-je juger l'homme qu'il est aujourd'hui ?
J'espère qu'il est tout ce qu'il veut être.
Catégories :
Amours anciens et actuels et futurs,
États d'âme,
Réflexions
jeudi 9 septembre 2010
Émilie
C'était un début de projet à moyen terme il y a un long moment déjà, mais finalement, je pense que je l'aime comme ça, sans action, avec juste des mots et une introduction qui coupe sec. Je l'ai écrit d'un coup, sans le relire avant aujourd'hui et je n'ai rien changé.
Je pense que je le préfère vraiment comme ça, brut.
*******
Sa sacoche est vert fluo. Verte fluo, comme dirait ma mère ; elle a qu'à chercher dans une grammaire pour se rendre compte qu'elle a tout faux. Sauf que c'est ma mère et qu'elle est têtue. Elle vous dira que le nouveau français, il accepte ça, verte fluo. Elle a tort. Et de toute façon, je n'en ai rien à foutre, du nouveau français. Ou de la nouvelle ortographe. Fuck it.
Bref, sa sacoche est vert (et non pas verte) fluo. Et ses talons, ils sont haut comme des échasses. J'aimerais qu'elle tombe en bas et qu'elle se fende la gueule en deux. Comme ça, j'aurais raison de faire dur, avec mes souliers plats ; et elle arrêterait de se promener avec son air fendant (et non pas fendu).
Ses souliers m'agressent, sa voix m'égratigne les oreilles, sa vue me donne envie d'uriner sur les murs. Ce n'est pas compliqué, je ne l'aime pas, cette femme.
Vous me trouvez rude, jalouse, mal élevée et vulgaire, n'est-ce pas?
Ben vous avez raison.
Parce que je suis née dans un appartement miteux (oooh, le beau cliché), avec une mère dépressive (encore là, hein, on connaît la chanson) et un père absent (franchement, ça frôle le ridicule, cette description), je suis devenue une connasse. On a souillé mon âme quand j'étais une môme et aujourd'hui, eh bien... je suis ce qu'on a fait de moi.
La seule chose qui fait de moi quelqu'un, c'est le français. Parce que bon, veut, veut pas, quand ça va mal, il faut se raccrocher à quelque chose. Ça fait que je me suis raccrochée aux synthaxes de phrase. Aux accords du participe passé avec les verbes pronominaux. Aux lettres, aux syllabes, aux mots, aux phrases, aux paragraphes, aux.... bon, vous suivez le refrain. Et j'ai lu. Oh oui. J'ai lu plus que vous tous réunis, je le sais bien.
Et j'ai détesté.
Des gens, pas des livres. Émilie, surtout, parce que même si sa sacoche est vert fluo (et que c'est laid), elle a de grands yeux gris avec des roues de vélo à l'intérieur et que je n'aime pas ça, moi, le vélo. Et elle a une peau blanche comme la porcelaine et la porcelaine, ça se brise vite. Et elle a un nez aquilin et que ça me fait penser à alcalin, comme dans mes cours de chimie. Je déteste la chimie.
Mais surtout, Émilie, elle est incroyablement belle et agréable ; pas moi.
Elle est tout ce que je ne serai jamais.
Elle a tout ce que je n'aurai jamais.
Jamais, jamais.
C'est long, jamais.
Je pense que je le préfère vraiment comme ça, brut.
*******
Sa sacoche est vert fluo. Verte fluo, comme dirait ma mère ; elle a qu'à chercher dans une grammaire pour se rendre compte qu'elle a tout faux. Sauf que c'est ma mère et qu'elle est têtue. Elle vous dira que le nouveau français, il accepte ça, verte fluo. Elle a tort. Et de toute façon, je n'en ai rien à foutre, du nouveau français. Ou de la nouvelle ortographe. Fuck it.
Bref, sa sacoche est vert (et non pas verte) fluo. Et ses talons, ils sont haut comme des échasses. J'aimerais qu'elle tombe en bas et qu'elle se fende la gueule en deux. Comme ça, j'aurais raison de faire dur, avec mes souliers plats ; et elle arrêterait de se promener avec son air fendant (et non pas fendu).
Ses souliers m'agressent, sa voix m'égratigne les oreilles, sa vue me donne envie d'uriner sur les murs. Ce n'est pas compliqué, je ne l'aime pas, cette femme.
Vous me trouvez rude, jalouse, mal élevée et vulgaire, n'est-ce pas?
Ben vous avez raison.
Parce que je suis née dans un appartement miteux (oooh, le beau cliché), avec une mère dépressive (encore là, hein, on connaît la chanson) et un père absent (franchement, ça frôle le ridicule, cette description), je suis devenue une connasse. On a souillé mon âme quand j'étais une môme et aujourd'hui, eh bien... je suis ce qu'on a fait de moi.
La seule chose qui fait de moi quelqu'un, c'est le français. Parce que bon, veut, veut pas, quand ça va mal, il faut se raccrocher à quelque chose. Ça fait que je me suis raccrochée aux synthaxes de phrase. Aux accords du participe passé avec les verbes pronominaux. Aux lettres, aux syllabes, aux mots, aux phrases, aux paragraphes, aux.... bon, vous suivez le refrain. Et j'ai lu. Oh oui. J'ai lu plus que vous tous réunis, je le sais bien.
Et j'ai détesté.
Des gens, pas des livres. Émilie, surtout, parce que même si sa sacoche est vert fluo (et que c'est laid), elle a de grands yeux gris avec des roues de vélo à l'intérieur et que je n'aime pas ça, moi, le vélo. Et elle a une peau blanche comme la porcelaine et la porcelaine, ça se brise vite. Et elle a un nez aquilin et que ça me fait penser à alcalin, comme dans mes cours de chimie. Je déteste la chimie.
Mais surtout, Émilie, elle est incroyablement belle et agréable ; pas moi.
Elle est tout ce que je ne serai jamais.
Elle a tout ce que je n'aurai jamais.
Jamais, jamais.
C'est long, jamais.
lundi 6 septembre 2010
samedi 4 septembre 2010
Avant que ça aille bien, faut que je vous dise...
Là, là, maintenant, j'aimerais ça, être ailleurs.
Ailleurs, comme dans le futon-lit d'un appartement de Saint-Henri, avec une (pas deux, pas dix, mais bien une) bière noire et forte dans l'estomac et dans l'haleine, des restes de notre amour sous les couvertures qui flottent dans l'air, à détailler, doucement, tous les détails de sa peau et à me demander, encore, comment c'est possible qu'elle soit aussi douce.
Là, là, maintenant, j'aimerais ça ne pas être à Ottawa.
Je me demande à quoi j'ai pensé.
Je n'ai pas envie d'aller dans les toilettes publiques.
Je n'ai pas envie de me faire de nouveaux amis.
J'ai cassé ma clé pour la cuisine commune dans la serrure.
J'ai envie de fermer les yeux et d'espérer que les 8 mois passent sans que je m'en aperçoive.
C'est la première fois que ça m'arrive, parce que c'est la première fois que je m'attache à un lieu, à des gens, à une vie. C'était la première fois que j'aimais réellement tout ce qui m'entourait, infiniment, jusqu'à en devenir folle de les quitter.
Je me dis que 8 petits mois, ce n'est pas très long, mais en même temps, god, c'est tellement tellement long.
J'ai cette envie folle de revenir, même si je sais bien qu'en fait, ça va bien aller. J'ai cette envie folle de revenir et ça aussi, c'est la première fois. Revenir et non pas partir à l'infini.
Ailleurs, comme dans le futon-lit d'un appartement de Saint-Henri, avec une (pas deux, pas dix, mais bien une) bière noire et forte dans l'estomac et dans l'haleine, des restes de notre amour sous les couvertures qui flottent dans l'air, à détailler, doucement, tous les détails de sa peau et à me demander, encore, comment c'est possible qu'elle soit aussi douce.
Là, là, maintenant, j'aimerais ça ne pas être à Ottawa.
Je me demande à quoi j'ai pensé.
Je n'ai pas envie d'aller dans les toilettes publiques.
Je n'ai pas envie de me faire de nouveaux amis.
J'ai cassé ma clé pour la cuisine commune dans la serrure.
J'ai envie de fermer les yeux et d'espérer que les 8 mois passent sans que je m'en aperçoive.
C'est la première fois que ça m'arrive, parce que c'est la première fois que je m'attache à un lieu, à des gens, à une vie. C'était la première fois que j'aimais réellement tout ce qui m'entourait, infiniment, jusqu'à en devenir folle de les quitter.
Je me dis que 8 petits mois, ce n'est pas très long, mais en même temps, god, c'est tellement tellement long.
J'ai cette envie folle de revenir, même si je sais bien qu'en fait, ça va bien aller. J'ai cette envie folle de revenir et ça aussi, c'est la première fois. Revenir et non pas partir à l'infini.
samedi 17 juillet 2010
Avec kekun
Dans pas longtemps, Tit-Loup s'en vient.
Le voyage a mal fait et bien fait les choses, en même temps.
Il les a mal faites, parce qu'il m'a éloigné de mon objectif de départ, qui était de... bien partir. Par partir, j'entends partir de Montréal, quitter Tit-Loup, refaire ma vie, encore. Ne pas m'attacher à tous ces beaux moments et tous ces gens fantastiques qui enchantent mes journées.
Il les a bien faites, parce que je me suis rendue compte que ça n'avait pas de bon sens.
Et j'ai réalisé quelque chose d'important, de très important.
Quelque chose qui a changé ma vie.
Je n'ai pas besoin d'être seule.
En fait, j'ai besoin des autres.
Vous l'aviez compris depuis longtemps, vous, n'est-ce pas? Pas moi. Je le combattais, encore et encore, depuis des années. Pour moi, avant, liberté = solitude, et attaches = prison. Attaches de tout genre : familiales, amicales et amoureuses.
Alors voilà, Tit-Loup arrive après-demain, dans la nuit et c'est la fin de mon sevrage amoureux. Il arrive après-demain et on pourra passer tout le mois à faire l'amour, dans une chambre d'hotel au lit grinçant, à 5$ la nuit.
Et après? Après, on verra comment on peut tout concilier, Ottawa, Montréal, l'école, la famille, les amis et l'amour. Mais je n'ai pas besoin d'être seule et je ne serai pas seule.
Si ça se trouve, il n'y a pas réellement de choix à faire... et tous ces éléments peuvent très bien vivre en harmonie.
Je reviens de voyage dans un mois. À bientôt !
Le voyage a mal fait et bien fait les choses, en même temps.
Il les a mal faites, parce qu'il m'a éloigné de mon objectif de départ, qui était de... bien partir. Par partir, j'entends partir de Montréal, quitter Tit-Loup, refaire ma vie, encore. Ne pas m'attacher à tous ces beaux moments et tous ces gens fantastiques qui enchantent mes journées.
Il les a bien faites, parce que je me suis rendue compte que ça n'avait pas de bon sens.
Et j'ai réalisé quelque chose d'important, de très important.
Quelque chose qui a changé ma vie.
Je n'ai pas besoin d'être seule.
En fait, j'ai besoin des autres.
Vous l'aviez compris depuis longtemps, vous, n'est-ce pas? Pas moi. Je le combattais, encore et encore, depuis des années. Pour moi, avant, liberté = solitude, et attaches = prison. Attaches de tout genre : familiales, amicales et amoureuses.
Alors voilà, Tit-Loup arrive après-demain, dans la nuit et c'est la fin de mon sevrage amoureux. Il arrive après-demain et on pourra passer tout le mois à faire l'amour, dans une chambre d'hotel au lit grinçant, à 5$ la nuit.
Et après? Après, on verra comment on peut tout concilier, Ottawa, Montréal, l'école, la famille, les amis et l'amour. Mais je n'ai pas besoin d'être seule et je ne serai pas seule.
Si ça se trouve, il n'y a pas réellement de choix à faire... et tous ces éléments peuvent très bien vivre en harmonie.
Je reviens de voyage dans un mois. À bientôt !
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Amours anciens et actuels et futurs,
Bientôt,
Effervescence,
Réflexions,
Voyages
samedi 22 mai 2010
Javais ecrit un long message qui expliquait en detail mes etats dame, avec des apostrophes et des accents quil ma pris un temps fou a trouver, mais finalement, il sest efface a cause dun probleme technique et je prends ca pour un signe?
Mais résumons : j'ai tout fait ça parce que j'ai peur, mais maintenant, j'ai encore plus peur qu'avant.
Les accents et les apostrophes viennent de revenir, comme par magie?
Est-ce que c'est un signe, ça aussi ?
J'écris des choses contradictoires dans mon carnet et je ne pleure plus, parce que je ne suis jamais seule et que je veux être forte, même si c'est précisément parce que j'ai voulu être forte que j'ai versé des larmes.
Et non, pas merci. Merci pour quoi? Pour t'avoir abandonné à l'aéroport? Pour t'avoir chicané pour des conneries comme l'ordre des choses dans le frigo, ou pour le cours que tu as manqué à la veille de mon départ? Merci de partir comme ça à Ottawa, alors qu'on s'aime, criss, on s'aime.
Mon prof m'a regardé croche en criss, à l'aéroport, quand je lui ai expliqué pourquoi on n'était plus ensemble.
Pis Guayaquil, c'est beau et étourdissant, alors je m'étourdis et j'essaie de ne pas trop penser.
J'ai l'oeil gauche enflé. Comme s'il y avait une boule dedans.
Et je suis dans un drôle d'état, quelque part entre la frénésie du voyage et la culpabilité, le remord, la tristesse.
Je ne sais pas et je ne sais plus, mais je me convaincs parce que tsé, 20 secondes, il a droit â son 20 secondes.
Voilà. (achète un billet d'avion... et viens me rejoindre :( ).
Mais résumons : j'ai tout fait ça parce que j'ai peur, mais maintenant, j'ai encore plus peur qu'avant.
Les accents et les apostrophes viennent de revenir, comme par magie?
Est-ce que c'est un signe, ça aussi ?
J'écris des choses contradictoires dans mon carnet et je ne pleure plus, parce que je ne suis jamais seule et que je veux être forte, même si c'est précisément parce que j'ai voulu être forte que j'ai versé des larmes.
Et non, pas merci. Merci pour quoi? Pour t'avoir abandonné à l'aéroport? Pour t'avoir chicané pour des conneries comme l'ordre des choses dans le frigo, ou pour le cours que tu as manqué à la veille de mon départ? Merci de partir comme ça à Ottawa, alors qu'on s'aime, criss, on s'aime.
Mon prof m'a regardé croche en criss, à l'aéroport, quand je lui ai expliqué pourquoi on n'était plus ensemble.
Pis Guayaquil, c'est beau et étourdissant, alors je m'étourdis et j'essaie de ne pas trop penser.
J'ai l'oeil gauche enflé. Comme s'il y avait une boule dedans.
Et je suis dans un drôle d'état, quelque part entre la frénésie du voyage et la culpabilité, le remord, la tristesse.
Je ne sais pas et je ne sais plus, mais je me convaincs parce que tsé, 20 secondes, il a droit â son 20 secondes.
Voilà. (achète un billet d'avion... et viens me rejoindre :( ).
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